Les minimalistes sont-ils aussi matérialistes que la société de consommation qu'ils dénoncent en accordant trop d'importance aux objets ?
Minimalisme

Les minimalistes sont-ils matérialistes ?

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Hello chères Audacieuses ! Avez-vous lu l’article Minimalisme : non, rien paru sur le site Society ? On peut dire que son auteur, Aymeric Guittet, n’est pas tendre avec nous ! Cependant, même si je lui reproche de faire une généralité de youtubeuses franchement décalées et pas du tout représentatives. Il a le mérite de lancer un débat intéressant. Alors, les minimalistes sont-ils aussi superficiels et matérialistes que cet article le laisse entendre ? Ou faut-il chercher plus loin ?

 

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Les minimalistes sont-ils aussi matérialistes que la société de consommation qu'ils dénoncent en accordant trop d'importance aux objets ?
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Quel est le but du minimalisme ?

Il existe de nombreux ouvrages sur le sujet, chacun proposant sa méthode de désencombrement afin d’éliminer le surplus chez soi. Mais ce que nous disent aussi tous ces auteurs, c’est que vivre avec un nombre réduit d’objets n’est pas le but de la démarche.

 

Avoir un logement minimaliste n’est pas une fin mais un moyen d’atteindre une vie plus heureuse.

 

Le minimalisme n’est pas le simple fait de vivre avec peu d’objets. Il s’agit plutôt de comprendre la relation que nous entretenons avec eux. Et cesser de nous identifier à eux. Dans le but de nous libérer de cette dépendance à la satisfaction facile et éphémère que le matériel nous apporte et ainsi chercher en nous ce qui nous apportera une satisfaction profonde et durable. On est donc à l’opposé du matérialisme.

 

Dans ce cas, pourquoi se focalise-t-on tant sur les objets dans les réseaux sociaux ?

Déjà parce que le désencombrement matériel est la première étape et que chacun est fier de partager ses progrès ! Et je reconnais alimenter cet aspect matériel du minimalisme avec des articles comme 4 questions pour trier efficacement. Tout simplement parce que certaines lectrices m’ont posé des questions auxquelles j’ai donné une réponse concrète.

Sans oublier que cette phase de tri des objets, l’air de rien, nous réapprend à faire des choix en conscience. En effet, en sélectionnant avec attention ce qui entre chez nous, nous nous rééduquons à en faire autant dans notre vie.

 

Minimalisme au pays de la consommation

Par ailleurs il y a, à mon sens, une raison plus subtile à cette déferlante de photos d’appartements tous beaux tous vides sur les réseaux sociaux. L’autre jour, j’ai lu dans un groupe facebook dédié au minimalisme, un jeune homme qui expliquait que depuis qu’il a fini le tri dans ses affaires, ses activités et ses amis, il ne sait plus quoi faire de tout le temps libre dont il dispose. Il s’ennuie. Ainsi, il a terminé sa quête minimaliste et atteint son essentiel. Et maintenant seul avec lui-même, il est désemparé !

Rien d’étonnant à cela. Nous sommes tous tellement occupés par le travail, nos obligations, nos activités, etc. que lorsque nous finissons d’éliminer tout ce qui est superflu, nous avons enfin le temps de nous rendre compte que nous ne savons pas vraiment qui nous sommes ni pourquoi nous vivons. Et ça fait peur !!!

Jusqu’à présent nous n’avons connu que la consommation à outrance et nous avançons maintenant en terre inconnue. Nous ne savons pas par où commencer pour nous découvrir. Nous nous tournons donc vers la seule chose rassurante que notre société de consommation nous a jamais donné : les objets.

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Si je résume (de façon un peu caricaturale certes), il est moins déroutant de passer son samedi à chercher LA parfaite table basse qui donnera de l’harmonie à son salon minimaliste que de s’interroger sur le sens de sa vie.

Mais cela fait-il des minimalistes de vilains matérialistes ? Non. Je dirais que ça fait de nous des humains. Inquiets des probables changements de vie que les réponses à ces questions impliquent. Et qui repoussent le moment d’y faire face en restant « coincés » dans ce qui nous fait passer pour matérialistes.

 

Mais cette phase matérialiste ne dure pas

Cette peur du changement explique pourquoi certaines personnes n’arrivent jamais à finir de désencombrer et pourquoi d’autres « rechutent » dans la consommation à excès après quelques temps. C’est le moment où nous heurtons à nouveau la limite de notre zone de confort. Mais pour ceux qui arrivent à la dépasser c’est le début d’une vie bien plus riche.

Parce que notre essentiel, jusque-là étouffés par le matériel, pousse pour se révéler à nous. Et cet essentiel, à la clé du minimalisme, va bien au-delà du nombre de petites cuillères que nous possédons, comme le dit Dominique Loreau.

Notre essentiel, c’est tout ce qui nourrit notre âme. Tout ce que notre « petite voix » nous chuchote. Celle qui sait exactement ce qu’il nous faut pour être heureuse. Et qui nous a poussée à faire du tri dans nos affaires, nos activités, nos fréquentations et nos priorités.

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Et cet essentiel c’est ce que nous recherchons dans chacun des articles de ce blog. En apprenant comment le reconnaître, comment lui faire confiance et comment lui rendre la place qu’il mérite dans notre vie.

Et bien entendu, ces minimalistes-là ne font pas de visites virtuelles sponsorisées de leurs appartements sur You Tube. Ils se contentent de vivre leur vie. Et d’avancer doucement sur le chemin de la connaissance de soi, sans que personne n’en sache rien.

 

Et vous, où en êtes-vous de votre cheminement minimaliste ?

Votre expérience est précieuse, partagez-la en commentaires !


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  1. Irène

    Merci pour le partage de cette réflexion, j’ai moi même souvent été interpellée par cette focalisation sur les objets notamment sur les blogs minimalistes… J’en ai parlé plus largement dans un article sur la consommation éthique et ses limites. Mais comme tu le soulignes ça ne remet pas non plus en cause le bienfondé de la démarche

    1. Effectivement, si certains blogs sur le minimalismes sont pertinents (et ne sont pas mentionnés dans l’article de Society), d’autres me choquent franchement. J’en ai même vu un avec une boutique d' »objets minimalistes » en vente en affiliation… Bref, sur Libère ta Vie je choisis de mettre l’individu au cœur de mes réflexions.
      Merci de ton passage sur le blog !
      Et à très bientôt

  2. Maylis

    Je viens de lire l’article que tu mentionnes – et le tien. Les deux sont très intéressants, et en fait vous dites en gros la même chose : le minimalisme n’est pas une affaire d’objets, mais bien de conscience et de prise de distance par rapport à notre société, de choix effectués, une question d’émotions, de retour à soi-même, le fait de se replacer au centre de sa vie. Cela passe par une étape matérielle, mais ce n’est pas la finalité du processus.
    Ce que cet article critique, et ce que tu déplores aussi, c’est cette mode du minimalisme uniquement axée sur le paraître, et non sur l’être. Effectivement, faire visiter son appartement ou demander si son salon est suffisamment minimaliste, c’est ridicule et ça montre qu’on n’a vraiment rien compris à la démarche. Il s’agit là à mon avis d’une volonté d’appartenir à un genre de communauté : on ne sait pas qui on est, donc on espère pouvoir s’étiqueter « minimaliste » : « Qui es-tu ? Je suis minimaliste. »
    En ce qui me concerne, j’ai entamé le désencombrement, mais c’est très long, on est maintenant 4 à la maison, et c’est incroyable tout ce qu’on peut accumuler en quelques années ! Mais je n’ai aucune envie de m’appeler minimaliste, disons que nous essayons de tendre vers… et que nous tentons d’arriver à un équilibre qui nous convienne.
    Les blogs et vidéos, pour beaucoup, ne mettent pas l’accent sur la dimension spirituelle et très personnelle de la démarche (sauf ceux des précurseurs comme Joshua Becker et The Minimalists, pour mes préférés). Ils se focalisent sur le matériel, mais ne vont pas plus loin. Ils oublient de dire qu’il ne s’agit pas d’un standard (la pseudo règle des 100 objets,
    par exemple, et si tu en as plus, ben tu peux pas faire partie du club), mais que chaque personne doit étudier sa propre
    vie, apprendre à faire ses propres choix, et se confronter à elle-même et à ses désirs profonds.
    Peut-on alors dire que ces soi-disants minimalistes en sont vraiment ? Pour certains sans doute, mais pas pour tous !
    Je continue mon exploration de tes articles ! Merci !

    1. Merci Maylis d’avoir pris le temps de rédiger ton commentaire.
      Je vois que nous sommes sur la même longueur d’ondes. Le plus intéressant dans la démarche c’est bien la recherche de soi 🙂
      A très bientôt !

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